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| Tamara de Lempicka - Les réverbères |
et me voici chez-toi, chérie, de bonne grâce,
sachant bien que de ces jeux d’amour, la vie va nous punir…
Je t’embrasse
à la lumière de tes bougies,
écoutant de la musique que tu as choisie.
Je te déshabille à ton plaisir:
lentement… doucement… comme un fruit défendu,
dont le châtiment attendu
ne fait qu’augmenter le désir.
Mais… maintenant ce sont mes mains
qui, libres, parcourent tes seins,
sculptant leurs formes à mon gré
et les font durcir entre les doigts...
c'est ainsi que Salomon a chanté... la reine de Saba.
Des ombres fantasques dansent sur les murs
et par la fenêtre, au rythme des tambours,
les réverbères percent le crépuscule qui tourne au noir
avec les cordes, les flûtes et d'autres vents
et à leur tour arrivent les bois, les cymbales et le clavecin…
le Boléro sort des haut-parleurs cachés par des armoires.
Entre mes bras, frémissante et nue,
ta peau de soie contre ma poitrine velue,
je découvre le goût de tes cheveux
de ta bouche et de tes yeux,
la chaleur de ton ventre et ton souffle d’anxiété
la pression de tes cuisses et de tes pieds,
une marée qui monte et ne peut plus s’arrêter…
La ritournelle finie, nous trouve égarés,
abandonnés par le vertige des mondes perdus
ou jamais rencontrés.
L’enchantement rompu,
interdis, sans jour et sans l’heure,
nous devenons otages de la route suivie...
prisonniers des chances que nous offre la vie
de toucher de nos mains l’impossible bonheur.
JSR

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